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Musique classique et opéra par Classissima

Franz Liszt

jeudi 26 mai 2016


Les blogs Qobuz

6 mai

Le Boléro – Les droits d’auteur – Ida Rubinstein – La mort de Ravel – L’héritage – Un mot de Toscanini

Les blogs Qobuz Tous les ravéliens connaissent cette incroyable photo de l’auteur du « Boléro » en tenue militaire. Et l’on dit qu’il était très coquet ! (DR) Le grand « tube » de la musique classique est enfin libéré ! Depuis le 1er mai, le Boléro de Maurice Ravel est entré dans le domaine public, ce qui signifie que tout un chacun pourra utiliser ce thème simplet, immensément populaire, l’adapter, le triturer dans tous les sens, sans payer de droits d’auteurs. Il est intéressant de constater le formidable retentissement de cette information relayée la semaine dernière par tous les grands medias et même délayée en neuf épisodes (neuf, le chiffre des reprises du thème de l’œuvre précitée !) sur le site web Culture-box. Le compositeur et ses voyages, tel que l’image Culturebox… (DR) Le jackpot ! Raconter l’histoire du Boléro n’intéresse guère les foules ; en revanche, revenir sur le rebondissement d’un héritage farfelu, avec, à la clef, un million et demi d’euros annuellement encaissés, un vrai jackpot, est le sujet rêvé pour tous les rédacteurs en chef, dont une infime minorité sait que Ravel a également composé deux concertos pour piano, un superbe Quatuor à cordes, de nombreuses pièces pour piano et certain Daphnis et Chloé. L’actuelle promotion du Boléro, c’est non pas l’entrée de la musique au pays de Cocagne mais l’illustration de la manière française (française ?) de traiter les choses de la musique classique. Hélas ! D’ailleurs, le pauvre Ravel, même s’il assista aux premiers succès de sa nouvelle partition, ne bénéficia qu’assez brièvement de son déferlement. Quelque mois après la création du Boléro, il ressentit les premiers symptômes du mal qui l’emportera neuf ans plus tard. Une tumeur au cerveau qu’un chirurgien décida d’opérer – et je n’ai pas oublié les confidences de Marguerite Long, sa chère amie pianiste, qui me dit un jour : « L’opération l’a tué ; elle n’était pas indispensable, mais le chirurgien voulait voir comment est fait le cerveau d’un génie ! » Nonagénaire, Marguerite Long, dont on a célébré le 13 février dernier le cinquantenaire de la disparition, avait une manière bien personnelle d’évoquer ses grands hommes… C’est elle qui fut la soliste de la dernière grande œuvre de Ravel, le Concerto en sol, donné en 1932, salle Pleyel, sous la direction de l’auteur. Triomphe pour le compositeur et sa pianiste ! Ida Rubinstein en 1910 dans le « Shéhérazade » de Rimsky-Korsakov Au fou ! Pour le Boléro, les premiers applaudissements s’adressèrent en priorité à l’une des égéries de l’époque, la danseuse Ida Rubinstein (1885-1960) qui, au cours d’une soirée assez farfelue à l’Opéra de Paris (successivement des pages de Bach transcrites par Honegger, un pot-pourri Schubert-Liszt orchestré par Darius Milhaud, La Valse selon Ravel et cette mystérieuse création qu’elle avait commanditée pour clore cette soirée du 22 novembre 1928), avait rassemblé le Tout-Paris mondain. La rumeur publique rapporte qu’à la fin du Boléro, une spectatrice indignée a crié « Au fou !! », et Ravel aurait murmuré : « Celle-là, elle a compris »… Ravel aurait ajouté plus tard : « Voilà un morceau dont ne s’empareront pas les concerts du dimanche », ou encore « Mon chef-d’œuvre, le Boléro, voyons. Malheureusement, il est vide de musique » et, the last but not the least, « Mon Boléro devrait porter en exergue : « Enfoncez-vous bien cela dans la tête ! ». L’auteur des Histoires naturelles d’après Jules Renard, ne manquait pas d’esprit. Les héritiers Les discussions entre Ida Rubinstein et les Editions Durand avaient été difficiles et l’on était finalement tombé d’accord sur un forfait de 25.000 francs, une paille… pour les futurs héritiers du compositeur. Les héritiers ? C’est là que la situation commence à se corser. Maurice Ravel était célibataire et – faut-il le préciser ? – sans postérité. À sa mort, le 28 décembre 1937, tous ses biens tombèrent dans l’escarcelle de son frère Edouard, lequel travaillait dans l’industrie, continua à pratiquer son métier et, témoignant d’un bel esprit de famille, entreprit de transformer la maison de Monfort-l’Amaury en musée. Mais, dix-sept ans plus tard, Edouard et son épouse eurent un accident de voiture (sur la route de Lourdes !) ; l’un et l’autre en réchappèrent mais, afin de soigner des corps endoloris, ils eurent recours aux services d’une masseuse, une certaine Jeanne Taverne, qui s’installa carrément chez le pauvre Edouard en compagnie d’Alexandre, son mari, lequel fera l’affaire en qualité de chauffeur. Le magot Episodes suivants : la mort de l’épouse d’Edouard, le divorce des époux Taverne, le mariage de la masseuse avec le cher Edouard qui disparaît à son tour, le remariage des Taverne, la mort de dame Taverne, le mariage de l’ex-chauffeur avec une jeune coiffeuse qui récupèrera le magot. Je vous passe les détails : procès pour captation d’héritage, intervention, après la guerre, de Jean-Jacques Lemoine, l’une des têtes pensantes de la Sacem, irruption de sociétés-écran dans quelques paradis fiscaux. Je renonce à vous donner plus de détails, mais je suis persuadé que nous sommes loin de connaître toute la vérité du dossier, et les noms de tous les petits malins que le Boléro a enrichis. Aujourd’hui, c’est fini ! On ne demandera à personne de reverser les sommes indûment perçues qui auraient pu compenser la baisse de subventions de quelques manifestations musicales. Mais si le Boléro continue à vous intéresser, lisez (ou relisez) L’Homme nu : Claude Lévi-Strauss y consacre six pages très argumentées. La cellule rythmique du « Boléro » répétée 169 fois par la caisse claire – « Enfoncez-vous bien cela dans la tête ! »… Et Le Boléro selon Toscanini… (DR) Pas un autre ! Ultime anecdote : on sait que Ravel exigeait que l’exécution de son œuvre maintienne implacablement le tempo initial. Le jour où Toscanini dirigea le Boléro à Paris, le compositeur s’approcha aimablement du maestro à la fin de la première répétition pour lui rappeler cette exigence. Toscanini répliqua : « Vous né connaissez rien à votre mousique. C’était la seule façon de la faire passer. » À la fin du concert, Ravel revint vers Toscanini, il lui serra la main et lui dit : « Vous ! Mais pas un autre ! » Un peu de vacances pour Ascension et Pentecôte… Prochain blog le vendredi 20 mai… Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de mai 2016 : « Ce jour-là, 29 mars 1964 : le dernier concert public de Glenn Gould »

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23 mai

Jonas Kaufmann : parenthèse wagnérienne de choix au TCE

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 19-V-2016. Franz Liszt (1811-1886) : Orphée, poème symphonique n° 4. Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonck Lieder (orchestration de Felix Mottl). Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 7. Jonas Kaufmann, ténor ; Orchestre National de France, direction : Daniele Gatti.




La lettre du musicien (Comptes rendus)

23 mai

“Le Rappel des oiseaux” : un pianiste et un danseur au Café de la danse à Paris

Les Pianissimes présentaient la création de cette adaptation du Journal d’un fou de Gogol, réalisée par Orianne Moretti qui signe la mise en scène, et chorégraphiée par Bruno Bouché sur des pages de Bach, Rameau et Couperin. Mêlant piano, danse et théâtre, cette œuvre est le fruit joliment mûri d’une idée ancienne d’Olivier Bouley, administrateur des Pianissimes, de la longue amitié entre Orianne Moretti et Mathieu Ganio, étoile de l’Opéra de Paris, et de la cooptation enthousiaste du pianiste Kotaro Fukuma et de Bruno Bouché. Une vingtaine de scènes s’enchaînent pour dire avec ironie, drôlerie et émotion la frustration sociale et l’obsession amoureuse qui mènent l’antihéros Poprichtchine à la folie. Toujours présents et seuls sur la scène dépouillée, Kotaro Fukuma et Mathieu Ganio portent véritablement ensemble dans un duo équilibré le récit de ce voyage intérieur, le piano accompagnant aussi bien la danse que le texte ou se taisant parfois pour certaines scènes uniquement parlées. On ne peut que louer la curiosité d’artistes qui sortent ainsi avec succès de leur zone – supposée – de confort. Habitué à occuper le devant de la scène, Kotaro Fukuma se fait accompagnateur attentif, retenant et s’adaptant lorsqu’il faut. Si “Le Rappel des oiseaux” tire son nom de la partition éponyme de Rameau, la musique est essentiellement celle de Bach, notamment du premier cycle du Clavier bien tempéré, très pertinent nuancier des paysages intérieurs de Poprichtchine. La technique souveraine, jamais démonstrative, le jeu d’une immense fluidité sont entièrement au service de la peinture psychologique car le pianiste a justement saisi que la richesse même de la partition conjuguée au jeu scénique de son partenaire suffisent à créer le climat juste, sans affect ou brio pianistique parasite. En témoignent notamment le tourment sans rage dans le Prélude n°2 BWV 847, ou sa modération dans la Fugue BWV 543 transcrite par Liszt. L’exercice était peut-être plus audacieux encore pour Mathieu Ganio qui, en plus de son habit de danseur, endosse ici pour la première fois celui d’acteur. On retrouve sa présence noble et élégante et son émotion à fleur de peau, mais voici qu’en plus l’étoile parle... et convainc par sa sensibilité, sa capacité à passer d’une humeur, d’un climat à l’autre. Les talents expressifs du danseur nourrissent avec bonheur le jeu de l’acteur et si la voix n’est pas très puissante elle est nette et bien portée avec naturel. Jouant la carte de l’homogénéité avec le volet théâtral, la chorégraphie est sobrement illustrative sans assauts de virtuosité sportive, concentrée sur précision évocatrice du geste. Le seul regret est donc peut-être qu’on n’ait pas donné davantage à danser à un artiste pareil et par la même occasion davantage à jouer à un pianiste de l’envergure de Kotaro Fukuma ; c’est dire en fait comme cette excursion nous a plu. (16 mai)



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4 mai

La jeunesse dorée de Deutsche Grammophon

Ferenc Fricsay, intégrale des enregistrements chez Deutsche Grammophon - Volume 2 : Œuvres vocales de Béla Bartók (1881-1945), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Georges Bizet (1838-1875), Johannes Brahms (1833-1897), Paul Dukas (1865-1935), Umberto Giordano (1867-1948), Christoph Willibald von Gluck (1714-1787), Charles Gounod (1818-1893), Joseph Haydn (1732-1809), Zoltán Kodály (1882-1967), Ruggiero Leoncavallo (1857-1919), Gustav Mahler (1860-1911), Felix Mendelssohn (1809-1847), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Carl Orff (1895-1982), Giacomo Puccini (1858-1924), Gioacchino Rossini (1792-1868), Johann Strauss II (1825-1899), Igor Stravinsky (1882-1971), Giuseppe Verdi (1813-1901), Richard Wagner (1813-1883). Divers chanteurs (dont Irmgard Seefried, Maria Stader, Rita Streich, Dietrich Fischer-Dieskau, Josef Greindl, Ernst Haefliger) ; RIAS-Kammerchor, Chor der St. Hedwigs-Kathedrale, Chor der Bayerischen Staatsoper, Chor der Wiener Staatsoper ; RIAS-Symphonie-Orchester, Radio-Symphonie-Orchester Berlin, Berliner Philharmoniker, Bayerisches Staatsorchester, Wiener Philharmoniker, direction : Ferenc Fricsay. 1 coffret 37 CD + 1 DVD Deutsche Grammophon 4794641. Enregistré entre novembre 1949 et novembre 1961 à Berlin, Munich, Salzbourg. ADD [mono/stéréo]. Notices bilingues (anglais, allemand) bonnes. Durée : 39 h 51’54. Deutsche Grammophon – L’ère mono 1948-1957. Œuvres de Johann Sebastian Bach (1685-1750), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Georg Anton Benda (1722-1795), Hector Berlioz (1803-1869), Dmitri Stepanovitch Bortnianski (1751-1825), Johannes Brahms (1833-1897), Anton Bruckner (1824-1896), Frédéric Chopin (1810-1849), Dmitri Chostakovitch (1906-1975), Claude Debussy (1862-1918), Gaetano Donizetti (1797-1848), Antonín Dvořák (1841-1904), Manuel de Falla (1876-1946), Christoph Willibald von Gluck (1714-1787), Morton Gould (1913-1996), Alexandre Gretchaninov (1864-1956), Edvard Grieg (1843-1907), Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Joseph Haydn (1732-1809), Paul Hindemith (1895-1963), Leoš Janáček (1854-1928), Édouard Lalo (1823-1892), Jean Langlais (1907-1991), Franz Liszt (1811-1886), Albert Lortzing (1801-1851), Augusta Mana-Zucca (1885-1981), Felix Mendelssohn (1809-1847), Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Darius Milhaud (1892-1974), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Sergueï Prokofiev (1891-1953), Giacomo Puccini (1858-1924), Sergueï Rachmaninov (1873-1943), Maurice Ravel (1875-1937), Max Reger (1873-1916), Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908), Gioacchino Rossini (1792-1868), Albert Roussel (1869-1937), Pablo de Sarasate (1844-1908), Othmar Schoeck (1886-1957), Hermann Schroeder (1904-1984), Franz Schubert (1797-1828), Robert Schumann (1810-1856), Bedřich Smetana (1824-1884), Richard Strauss (1864-1949), Igor Stravinsky (1882-1971), Karol Szymanowski (1882-1937), Giuseppe Tartini (1692-1770), Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893), Ambroise Thomas (1811-1896), Alexandre Egorovitch Varlamov (1801-1848), Giuseppe Verdi (1813-1901), Richard Wagner (1813-1883), Carl Maria von Weber (1786-1826), Henryk Wieniawski (1835-1880), Hugo Wolf (1860-1903). Divers solistes, chœurs, orchestres, chefs d’orchestre. 1 coffret 51 CD Deutsche Grammophon 4795516. Enregistré entre novembre 1948 et décembre 1957. ADD [mono]. Notices trilingues (anglais, français, allemand) bonnes. Durée : plus de 50 h.

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3 mai

CD, événement. Frederica von Stade, the complete Columbia recital albums (18 cd Sony classical)

CD, événement. Frederica von Stade, the complete Columbia recital albums (18 cd Sony classical). SOMBRE VELOURS D’UNE DISEUSE FRANCOPHILE. Mezzo irradiée – ce qui la destine aux emplois sombres et tragiques, la jeune musicienne fait son voyage à Paris où alors qu’elle échouait à devenir pianiste, elle éprouve comme une sidération inexplicable, le choc du chant et de la voix en assistant à un récital de la soprano allemande Elisabeth Schwarzkopf alors diseuse hors paires dans les lieder de Hugo Wolf. Il y a chez Von Stade qui a beaucoup douté de ses capacités artistiques réelles, une ardeur intérieure, une hypersensibilité jaillissante qui a rappelé dès ses premiers grands rôles, les brûlures tragiques et graves d’une Janet Baker. AU DEBUT DES 70′S… Jeune tempérament à affiner et à ajuster aux contraintes et exigences de la scène, Frederica Von Stade est engagée dans la troupe du Met de New York par Rudolf Bing (1970) : elle n’est pas encore trentenaire ; très vite, elle prend son envol comme soliste, avec l’essor augural des opéras baroques (elle chante Penelope de l’Ulysse monteverdien). Mais la diva est une diseuse qui se taille une très solide réputation chez Mozart (Cherubino qui sera son rôle fétiche, et Idamante) et Rossini dont elle maîtrise la virtuosité élégante et racée grâce à des vocalises précises et des phrasés ciselés (Tancredi, Rosina, la donna del lago: surtout le chant noble mais désespéré de Desdemona dans Otello…). La Von Stade est aussi une bel cantiste à la sûreté musicale impressionnante. Le timbre sombre, essentiellement tragique colore une suavité qui est aussi pudeur et articulation : la mezzo s’affirme de la même façon chez Massenet (Charlotte de Werther, Chérubin là encore et aussi Cendrillon. ..), et Marguerite embrasée par un éros qui déborde (La Damnantion de Faust), et Béatrice (Beatrice et Benedicte d’après Shakespeare) chez Berlioz dont elle chante aussi évidemment les Nuits d’été (de surcroît dans ce coffret, sous la direction de Ozawa lire ci après). COFFRET MIRACULEUX… Qu’apporte le coffret de 18 cd réédités par Sony classical ? Pas d’opéras intégraux, mais plusieurs récitals thématiques où scintille la voix ample, cuivrée, chaude d’un mezzo dramatique et suave, plus clair que celui de Janet Baker, aussi somptueux et soucieux d’articulation et de couleurs que Susan Graham (sa continuatrice en quelque sorte)… C’est dire l’immense talent interprétatif et la richesse vocale de la mezzo américaine Frederica von Stade née un 1er juin 1945, qui donc va souffler en ce début juin 2016, ses 81 ans. Le coffret Columbia (the complete Columbia recital albums) souligne la diversité des choix, l’ouverture d’un répertoire qui a souvent favorisé la musique romantique française, la fine caractérisation dramatique pour chaque style, une facilité expressive, une élasticité vocale, – dotée d’un souffle qui semblait illimité car imperceptible, et toujours une pudeur presque évanescente qui fait le beauté de ses rôles graves et profonds. Les 18 cd couvrent de nombreuses années, en particulier celles de toutes les promesses, et de la maturité, comme de l’approfondissement des partitions, soit de 1975 (CD où règne la blessure et le poison saignant de la Chanson perpétuelle de Chausson, déjà l’ivresse ahurissante de son Cherubino mozartien, ce goût pour la mélodie française : très rare Le bonheur est chose légère de Saint-Saëns, ou la question sans réponse de Liszt d’après Hugo : “Oh! quand je dors S 282, récital de 1977, cd3) ; jusqu’aux songs de 1999 et même 2000 (Elegies de Richard Danielpour, né en 1956, avec Thomas Hampson). Dans les années 1970 et 1980, la mezzo Frederica von Stade chante Mozart, Massenet, Ravel avec une gravité enivrée VELOURS TRAGIQUE Salut à la France… La mesure, le style, une certaine distanciation lui valurent des critiques sur sa neutralité, un manque d’engagement (certaines chansons de ses Canteloube)… Vision réductrice tant la chanteuse sut dans l’opéra français exprimer l’extase échevelée par un timbre à la fois intense, clair d’une intelligence rare, à la couleur précieuse, à la fois blessée, éperdue, brûlée : un exemple ? Prenez le cd 2 : French opera arias (de 1976 sous la direction de John Pritchard) ; sa Cavatine du page des Huguenots de Meyerbeer ; sa Charlotte du Werther de Massenet (noblesse blessée de “Va, Laisse couler mes larmes”), l’ample lamento grave de sa Marguerite berlozienne (superbe D’amour l’ardente flamme, au souffle vertigineux), ne doivent pas diminuer l’éclat particulier de la comédienne plus amusée, piquante, délurée chez Offenbach (Périchole grise ; Gerolstein en amoureuse déchirée : voyez le récital totalement consacré à la verve du Mozart des boulevards : Offenbach : arias and Overtures, 1994, cd14), d’un naturel insouciant et douée de couleurs exceptionnellement raffinées pour le Cendrillon de Massenet, surtout Mignon d’Ambroise Thomas, notre Verdi français. La pure et fine comédie, la gravité romantique, le raffinement allusif : tout est là dans un récital maîtrisé d’une trentenaire américaine capable de chanter l’opéra français romantique avec un style mesuré, particulièrement soucieuse du texte. Italianisme. Bel cantiste par la longueur de son legato et un souffle naturellement soutenu, aux phrasés fins et finement ciselés, Von Stade fut aussi une interprète affichant son tempérament tragique et sombre, d’une activité mesurée toujours, chez Pénélope de Monteverdi (Le Retour d’Ulysse dans sa patrie), chez Rossini où sa distinction profonde fait miracle dans Tancredi et Semiramide (airs et aussi récitatifs merveilleusement articulés / déclamés, cd4, 1977)… Evidemment son métal sombre et lugubre va parfaitement aux lieder bouleversants de Mahler (cd5, 1978 : Lieder eines Fahrenden gesellen, Rückert lieder) ; mais la passion vocale et l’étendue de son velours maudit, comme blessé mais si digne et d’une pudeur intacte ne se peuvent concevoir sans ses prodigieux accomplissements dans le répertoire romantique et post romantiques français : Chants de Canteloube avec Antonio de Almeida (2 albums, de 1982 et 1985, où l’ivresse mélodique s’accompagne d’une volupté comme empoisonnée à la Chausson… le timbre enivré de la mezzo américaine s’impose par sa volupté claire et son intensité charnelle ; exprimant tout ce que cette expérience terrestre tend à l’évanouissement spirituel,… une Thaïs en somme : charnelle en quête d’extase purement divine). Ces deux recueils sont des must, indémodables (même si pour beaucoup sa partenaire et contemporaine Kiri te Kanawa a mieux chanté Canteloube, sans “s’enliser”). Berliozienne et Ravélienne, Von Stade a exprimé son amour à la France. Même style irréprochable dans ses Nuits d’été de Berlioz d’après Gautier de 1983 sous la direction de Ozawa ; et aussi Shéhérazade, Mélodies et Chansons de Ravel à Boston avec Ozawa toujours en 1979… Avec son complice au piano, Martin Katz, la divina s’expose sans fards, voix seule et clavier dans plusieurs récitals qui ne déforment pas son sens de la justesse et de la musicalité allusive d’une finesse toujours secrètement blessée : deux cycles sont ici des absolus eux aussi, le récital de 1977 comprend Dowland, Purcell, Debussy Canteloube dont il faut écouter Quand je dors S 282 de Liszt sur le poème d’Hugo : maîtrise totale du souffle et du legato avec une articulation souveraine : quel modèle pour les générations de mezzos à venir. Plus aucune n’ose aujourd’hui s’exposer ainsi en concert. Puis le récital de 1981 se dédie aux Italiens, de Vivaldi, Marcello, Scarlatti à Rossini sans omettre évidemment Ravel et Canteloube Sur le tard, Stade, appelée affectueusement “Flicka“, sait aussi se réinventer et goûte selon l’évolution de sa voix, d’autres répertoires, d’autres défis dramatiques : comme le montrent les derniers recueils du coffret Columbia : après celui dédié à la comédie encanaillée mais subtile d’Offenbach (Offenbach arias & Overtures, Antonio de Almeida,1994), les cd 15 (Elegies et Sonnets to Orpheus de Richard Danielpour), cd 18 (Paper Wings et Songs to the moon… de Jake Heggie) soulignent la justesse des récitals (de 1998 et 1999) : celle d’une voix mûre qui a perdu son agilité mais pas sa profondeur ni sa justesse expressive… CONCLUSION. Pour nous, française de coeur, Frederica Von Stade laisse un souvenir impérissable dans deux rôles chez Massenet qu’elle a incarné avec intensité et profondeur : Cendrillon (cd16, 1978) et Cherubin (cd17, 1991), sans omettre son Mignon de Thomas (Connais tu le Pays, cd2, 1976). Bel hommage. Coffret événement CLIC de mai 2016. CD, coffret événement. Frederica von Stade : the complete Columbia recital albums (18 cd, 19975-2000). Extraits d’opéras, mélodies, songs, lieder de Massenet, Thomas, Ravel, Mahler, Schuebrt, Berlioz, Bernstein… CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2016.

Franz Liszt
(1811 – 1886)

Franz Liszt (22 oct. 1811 - 31 juil. 1886) est un compositeur et pianiste virtuose hongrois (sujet des Habsbourg-Lorraine). Liszt nait à Doborján (aujourd’hui en Autriche) et meurt à Bayreuth (Allemagne) à l'âge de 74 ans. Liszt est le père de la technique pianistique moderne et du récital. Avec lui, naissent l’impressionnisme au piano, le piano orchestral - Mazeppa, la quatrième étude d’exécution transcendante - et le piano littéraire - les Années de pèlerinage. Innovateur et promoteur de la « musique de l'avenir » Liszt influença et soutint plusieurs figures majeures du XIXe siècle musical : Richard Wagner, Hector Berlioz, Camille Saint-Saëns, Bedrich Smetana, Edvard Grieg et Alexandre Borodine. Aussi féconde que diverse, son œuvre a inspiré plusieurs courants majeurs de la musique moderne, qu'il s'agisse de l'impressionnisme, de la renaissance du folklore, de la musique de film ou du dodécaphonisme sériel.



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